Détours d’Itinéraire – Conférence Martine Baransky

13
Sep
2026
Numéripôle - Centre Richard-Lenoir - Villers-Bocage
13 septembre 2026
18h30

Gratuit, tout public

Trois vies de lutte à la recherche d’une reconnaissance de leur oeuvre, dans un 20e siècle restant encore hostile à toute émancipation artistique féminine.

En 1971, à l’aube d’une histoire de l’art « féministe », Linda Nochlin, professeur d’art moderne de l’université de New-york, énonçait dans son essai « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? » : « Une chose est claire : aujourd’hui comme hier, pour qu’une femme choisisse une quelconque carrière, a fortiori une carrière artistique, il lui faut une certaine dose d’anticonformisme. Peu importe qu’une femme artiste s’oppose à l’attitude de sa famille ou qu’elle y puise sa force, elle doit donc dans tous les cas porter en elle le feu de la révolte si elle veut se frayer un chemin dans le monde de l’art plutôt que se soumettre aux seuls rôles d’épouse et de mère que la société et les institutions lui prescrivent systématiquement. Ce n’est qu’en adoptant, même furtivement, les attributs dits « masculins » que sont l’indépendance de pensée, la concentration, la ténacité et la capacité à se consacrer pleinement aux idées et au savoir-faire de leur propre intérêt que les femmes ont réussi et continuent de réussir dans ce monde de l’art ».

Les vies et oeuvres de ces trois artistes confirment-elles les affirmations de Linda Nochlin ? Depuis 2000, l’histoire de l’art semble vouloir « retrouver » les « Oubliées », mais en les inscrivant dans une histoire de l’art « féministe ». De plus en plus d’expositions de groupe d’artistes femmes sont organisées laissant penser qu’il y a deux formes de création : celle « masculine » et celle « féminine ». Cependant l’expression « artiste homme » n’est jamais employée ! L’expression « artiste femme » soutient l’idée qu’il y a un art féminin spécifique les laissant dans la sphère domestique. Quant à « l’artiste homme », lui habiterait davantage la sphère publique. Cette
tendance serait-elle en train de changer ?

Les réponses à ces nombreuses questions sur le sujet seront apportées en invoquant les carrières de trois artistes ayant eu récemment des expositions monographiques dans des structures artistiques de la région :
Madeleine Dinès en toute intimité (Saint- Germain-en-Laye 1906-Paris 1996), Musée d’art et d’histoire de la ville de Sain-Lô, 2021.

Marianne van Der Linden-Urban, un monde revisité (Berlin 1915-Longvillers 1997), Condé-sur-Noireau, Musée Charles Léandre, 2017.

Yvonne Guégan une artiste dans sa ville (Paris 1915-Caen 2005), Caen, Scriptorium de l’Abbaye aux Hommes, 2025.

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