Il sera ici proposé un aperçu de la langue normande, depuis sa naissance à la fin du premier millénaire jusqu’à ce jour. Une approche linguistique, simple, comme un voyage en notre territoire, et plus loin encore…
L’évolution d’une langue est toujours arrimée à l’Histoire : le substrat apporté par les colons scandinaves et très rapidement la création du duché de Normandie vont favoriser l’émergence, par l’unité, d’une langue vernaculaire qui, en retour, va asseoir un pouvoir politique, celui de Rollon d’abord et ensuite surtout celui de Guillaume le Conquérant qui, en conquérant l’Angleterre, va faire de la langue normande celle du commerce, de l’administration et du droit sur les territoires conquis outre Manche.
C’est ainsi qu’on peut aujourd’hui mesurer l’apport de mots normands dans l’anglais moderne à hauteur de 45 %. Cette large influence se retrouve également outre-atlantique, au Québec, avec des apports notables dont l’origine s’explique par le fait que la Nouvelle-France fut en grande partie enrichie par la migration de Normands.
Enfin, on ne peut pas évoquer une langue sans parler de sa littérature. Il n’y a pas eu de littérature typiquement normande avant le XVIIe siècle, et à cette époque elle est circonscrite au rouennais. Il faut attendre le XIXe siècle pour que le normand, en qualité de dialecte posé à l’écrit, en vienne à nourrir une certaine littérature, d’abord en provenance des îles anglo-normandes puis, petit à petit, après 1850, en direction du Cotentin et, dans une moindre mesure, du Calvados.
Johann Lefebvre est né en 1971 dans l’Orne, il tient une librairie ancienne et moderne à Caumont-sur-Aure depuis dix ans.
